Les Releenits

Peuples d'Hethële, les Releenits

Repères culturels

  • Territoire : la grande Plaine d’Alie.
  • Société : culture nomade, caravanes géantes.
  • Langue : l’ythzo est la langue commune ou tout du moins le tronc commun de toutes les langues des releenits. En effet, on peut compter à peu près un dialecte pour chaque caravane. Tous les releenits parlent l’ythzo plus le dialecte de leur caravane..
  • Valeurs : liberté, endurance, honneur envers la caravane, le mystère des « acrobates ».
  • Culture matérielle : chevaux, élevage, commerce du sel et de toutes les marchandises entre les grandes forêts du Nord, les royaumes dallamariens et la côte Ouest d’Enda.
  • Spiritualité : le foulard d’un releenit lui est donné dès sa naissance et l’accompagne toute sa vie. Il symbolise la liberté de penser et d’agir et l’appartenance à une caravane. Il est indispensable qu’il flotte à la mort du releenit afin que son âme puisse rejoindre les grands vents.
  • Grands rendez-vous : le passage à l’âge adulte dès que l’on possède son propre cheval, la rencontre de deux caravanes, l’arrêt dans un caravansérail.

Qui sont les releenits ?

Les Releenits sont les grands nomades de la Plaine d’Alie. Leurs caravanes traversent depuis des siècles les immensités qui s’étendent du golfe de Bré à la mer d’Orak, entre les montagnes d’Orak et celles de Tenzinie. Ils n’ont pas bâti leur puissance sur des murailles, mais sur des routes, des chevaux, des marchés, des alliances et un droit du voyage suffisamment ancien pour survivre aux royaumes qui les entourent.

Peuples d'Hethële : les releenits, les nomades de la grande plaine d'Alie

Chez eux, posséder son premier cheval marque l’entrée d’un garçon dans l’âge adulte. Un foulard accompagne chacun depuis la naissance et doit encore flotter après la mort, afin que l’esprit ne soit jamais privé de voyage. Les voleurs professionnels sont appelés des acrobates et obéissent à leurs propres maîtres. Les menatzaraks, brodeuses et tailleurs de prestige, peuvent raconter une ascension, une alliance ou une disgrâce dans les motifs d’un azak. Et les plus grands fauconniers lisent le ciel aussi attentivement que les pisteurs lisent la poussière.

Quelle est leur culture ?

Il existe des peuples qui définissent leur territoire par des frontières. Les Releenits le définissent par des routes. Leurs caravanes suivent encore des axes de migration très anciens, parfois plus vieux que les royaumes dont elles traversent les terres. Là où une cité voit une route commerciale, un Releenit voit aussi une mémoire, un droit de passage, un point d’eau, une dette ancienne, un pâturage et l’endroit où une caravane ennemie devra un jour être accueillie sans qu’aucun des deux camps n’oublie ses griefs.

Cette civilisation du mouvement est pourtant loin d’être improvisée. Les Lois du Voyage encadrent le commerce, la propriété, les mariages, les héritages et les conflits. Des spécialistes passent leur vie à en apprendre les nuances. Les grandes caravanes disposent de juristes, d’administrateurs et de médiateurs capables de retrouver un droit ancien dans un contrat, un témoignage, la mémoire d’une famille ou parfois même dans les motifs brodés d’un vêtement de prestige.

Chez eux, un cheval peut faire de vous un homme

Le cheval occupe une place centrale dans cette culture. Les nemrs, montures endurantes de la Grande Plaine, sont compagnons, richesse, outil de déplacement et marqueur de dignité. Un jeune homme ne reçoit traditionnellement son foulard d’adulte qu’après avoir obtenu son propre cheval – par don, victoire ou même vol, à condition de respecter certaines règles. Un bon cavalier se juge moins à la vitesse avec laquelle il épuise sa monture qu’à l’état dans lequel celle-ci termine plusieurs jours de route.

Le foulard continue de voyager après la mort

Le foulard lui-même est l’un des symboles les plus intimes des Releenits. Une corde est nouée à la naissance ; lorsque vient l’âge adulte, le foulard devient signe visible d’appartenance et de statut. À la mort, il doit continuer à voler dans le vent. Empêcher ce dernier voyage revient presque à retenir l’esprit du défunt. Ce simple morceau de tissu peut donc porter le poids d’une identité, d’un deuil ou d’une vengeance.

Les voleurs ont des maîtres et des règles

La culture releenite réserve aussi une place étonnante aux voleurs. L’acrobate n’est pas seulement un artiste agile : il est un professionnel du vol, de l’escamotage, de l’infiltration et des messages clandestins. Les meilleurs obéissent à des maîtres qui imposent des limites destinées à empêcher qu’un larcin individuel ne devienne une guerre entre caravanes. Une bourse peut être prise ; une réserve d’eau ne doit pas être sabotée. Un vol peut démontrer une maîtrise ; il ne doit pas condamner tout un peuple à la vendetta.

Une broderie peut changer une alliance

À l’autre extrémité du prestige social, les menatzaraks travaillent les fils, les motifs et les signes. Elles confectionnent notamment les azaks, vêtements dont les broderies ne sont jamais de simples décorations. Une couleur, une bordure ou un motif peut rappeler une alliance, signaler une protection, revendiquer une ascendance ou laisser deviner une disgrâce que personne n’oserait prononcer à haute voix. Entre leurs mains, le textile devient presque une archive politique portée sur le corps.

Peuple d'Hethële : les releenits et l'importance de la broderie

Les rapaces occupent une place comparable dans l’imaginaire de la steppe. Posséder et savoir dresser un aigle est un signe de prestige presque comparable à celui d’un bon cheval. La fauconnerie releenite est à la fois chasse, discipline, observation du ciel et école de patience : le meilleur fauconnier n’est pas celui qui force l’oiseau, mais celui qui sait quand le lâcher et quand le rappeler.

Ils ont uni une civilisation sans bâtir de capitale

Au-dessus de cette mosaïque de caravanes plane la figure de Rel Tao Thy. Né parmi ceux qui deviendront les Yangshao, fils d’un forgeron et d’une mère respectée pour son art du textile et des aigles, il connut la captivité, le commerce, la guerre et les peuples étrangers avant de devenir chef. La tradition raconte qu’il unifia les tribus moins par conquête que par défis et arbitrages. Il fixa des routes, des lieux de rencontre, des pâturages et des zones d’exclusion, contribua à imposer l’ythzo comme langue commune et fonda le Conseil des Vents, assemblée de quarante-sept sièges chargée d’éviter que les querelles du voyage ne détruisent le voyage lui-même.

Des siècles plus tard, son héritage reste vivant et discuté. Certaines familles rêvent d’une vie plus sédentaire dans les grands caravanserais. D’autres considèrent qu’un Releenit qui cesse de bouger abandonne une part essentielle de lui-même. Les routes sont toujours ouvertes, mais chaque génération doit décider ce qu’elle accepte de laisser derrière elle pour pouvoir continuer.

C’est dans ces contradictions que les Releenits prennent vie dans les romans d’Hethële : un peuple de cavaliers et de marchands, de voleurs réglementés et de juristes nomades, de brodeuses capables de changer une alliance, de maîtres-fauconniers qui observent la plaine depuis le regard de leurs oiseaux. Un peuple qui ne demande pas où se trouve sa patrie, mais quelle route lui permettra de la retrouver.

Les releenits dans les romans

Dès le Tome 1 du Cycle des Grandes Âmes, dans Retrouvailles, vous apprendrez à chevaucher aux côtés de Gab, jeune cavalier de quinze ans qui se rend à l’enterrement de son maître. Gab est un personnage caractéristique de son peuple, cavalier émérite au tempérament fougeux, rien n’est plus important pour lui que son cheval et le foulard de son maître.

Découvrez quelques personnages emblématiques de la grande Plaine d’Alie

An Mae, dite Trois-Aiguilles

À plus de soixante ans, An Mae est l’une des menatzaraks les plus respectées de Taor-Kesh. Elle accepte peu de commandes et peut consacrer une année entière à un seul azak (une pièce de tissu brodé se portant au-dessus d’une robe et reflétant l’importance de la personne dans la société releenite). Elle ne demande pas d’abord au client quelles couleurs il préfère, mais ce qu’il veut que les autres comprennent en le regardant.

PNJ releenit, An Mae, dite Trois-Aiguilles, une redoutable menatzarak

En secret, elle conserve depuis des décennies les esquisses de vêtements importants. Ses archives permettent de reconstituer alliances, mariages, ascensions et disgrâces : une histoire politique du peuple écrite en fils plutôt qu’en chroniques.

Rel Tao Thy

Né parmi les ancêtres des Yangshao, Rel Tao Thy est le personnage historique incontournable de la mémoire releenite. Fils d’un forgeron et d’une femme respectée pour son art du textile et sa maîtrise de la fauconnerie, Rel Tao Thy a une vie bien remplie, il a connut la captivité, le commerce et la guerre avant de devenir chef. Littéralement « le maître du chemin de Thy », il est tout autant un chef guerrier, qu’un mystique accompli.

PNJ Releenits, Rel Tao Thy, le fondateur de l'unité des caravanes.

. Toujours animé par ce qu’il avait entendu enfant chez les dallamariens, il se nomma lui-même khagan d’une nouvelle caravane, les Enits (les éveillés), se constitua une garde d’élites de plus de mille hommes et s’installa à Kadanda, un des plus gros caravansérails de la plaine d’Alie. Il est surtout resté célèbre pour avoir uni des tribus sans les transformer en royaume sédentaire, créé l’ythzo, la langue commune des caravanes, des lieux de rassemblement et le Conseil des Vents de quarante-sept sièges. Son héritage est à la fois une promesse et un problème pour ceux qui vivent des siècles après lui. À sa mort, le conseil des vents choisi le nom de Releenit (la tribu de Rel et des éveillés) pour parler de l’ensemble des caravanes et khaganats, un peuple était né.

Prêt à parcourir la grande Plaine d’Alie ?

Les Releenits ne demandent jamais seulement où vous allez. Ils veulent savoir par quelle route, avec quel cheval, sous quelle loi et ce que vous laisserez derrière vous lorsque le vent tournera. Découvrez-les dans les romans du monde d’Hethële.

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